Éloge de la paresse

Paresser, ce n’est pas ne rien faire. C’est écouter la respiration du monde, se mettre à son rythme. Ralentir, se laisser aller à la contemplation, à la rêverie. Et donc à la création. Paresser, c’est résister. Résister au bruit, à la fureur, à la course effrénée au profit, à la compétition.

Bill Gates dit qu’il confie les tâches les plus ardues à des paresseux car ils sont les plus efficaces.

Étude japonaise 2016 20 à 30 % des fourmis ne font rien qui rentre dans la catégorie travail, elles ont des réserves, du coup elles sont plus réactives à l’urgence, au non prévu et c’est elles qui sauvent le groupe.

Paresseux a un autre rapport au temps. Pourquoi se précipiter ? Entre rapidité et lenteur trouver un équilibre. Le paresseux ne choisit pas la répétition du même mécanisme alors que travailleur régulier, nez dans le guidon ne voit pas les détails externes (concentration du travailleur = inhibition), du coup il est facteur de changement.

Grand sportif au long cours fabrique cortisol, remplace adrénaline pour inhiber des processus, permet de prolonger l’effort au-delà de ses limites, on fait toujours plus de la même chose (cf joueur et finance) mais ne voit plus la prise de risque.

Paresseux sait prioriser, pas dans les détails, voit ce qui compte dans périodes de crise. Créativité vient dans des moments de paresse – on n’a pas de pression ni objectif – c’est Eurêka !